Tous les équipements utilisent l’appellation « composteur » mais ne produisent pas nécessairement du compost au sens réglementaire. Hormis le compostage classique de proximité, les autres produits ne produisent pas un compost mûr et stable, conforme aux usages agronomiques.
Le choix de la solution doit tenir compte du volume de biodéchets produits, des contraintes d’espace, du budget et de l’objectif final : simple réduction de volume ou valorisation agronomique complète !
Rappel de la loi AGEC
Depuis le 1er janvier 2024, avec l’application de la loi AGEC, toutes les entreprises et organisations professionnelles (administrations, associations, artisans, …) et quelle que soit leur taille sont soumises à l’obligation du tri à la source des biodéchets.
Les restes de repas produits par leurs salariés ne doivent plus être jetés dans la poubelle des ordures ménagères. Ils doivent être triés et valorisés pour venir enrichir les sols en matière organique après compostage.
Face à cette exigence réglementaire, de nombreuses « solutions de compostage » existent sur le marché. Elles sont souvent présentées comme le moyen de « traiter » ou de « valoriser » les biodéchets directement sur site, c’est-à-dire au sein même de l’entreprise.
Panorama des principales solutions de traitement sur site
« Composteur » ne signifie pas toujours compostage !
Les équipements, même s’ils utilisent le terme de « compostage » pour son image valorisante, ne produisent pas tous le même résultat et pas toujours du compost au sens biologique, agronomique et réglementaire.
Certains réalisent en réalité un pré-traitement des biodéchets (broyage, chauffage, séchage, fermentation), qui nécessite alors une maturation supplémentaire pour pouvoir être retournés au sol.
Il faut savoir que la réglementation impose le tri à la source des biodéchets mais n’impose pas une technologie spécifique.
Les produits de compostage sur site, donc sur leur lieu de production, peuvent être répartis en deux familles selon le volume des biodéchets à traiter et à valoriser :
- Les restes de repas en petit volume, produits par les salariés qui déjeunent sur leur lieu de travail, sans avoir accès à une restauration collective. Il s’agit pris individuellement des épluchures de fruits et légumes, de restes de repas, de marc de café, etc…
- Les biodéchets générés en grosse et très grosse quantité journalière, comme la restauration collective (par exemple celle d’un hôpital) et l’industrie agro-alimentaire. L’indicateur est la tonne produite à l’année. Les matériels sont alors mécaniques et électrifiés.
Traitement des PETITS VOLUMES de biodéchets
1. Composteur traditionnel dit « de proximité » ou « individuel »
Le compostage de proximité reste la référence technique. Il repose sur une dégradation biologique complète de la matière organique, incluant une phase thermophile puis une maturation longue (minimum de 6 à 9 mois). Dans le compostage de proximité, seuls les déchets verts (ni viande, ni poisson) peuvent être compostés.
Lorsqu’il est correctement mené, avec :
- le respect de la nature des déchets déposés,
- l’apport de structurant, cette matière sèche (broyat) dite carbonée pour venir équilibrer les apports de biodéchets, dits azotés,
- une bonne aération grâce à une manutention régulière,
- et en laissant le temps agir (!),
il permet d’obtenir un compost mûr, stable et valorisable, conforme aux usages agronomiques pouvant enrichir les sols.
L’achat d’un composteur classique, c’est-à-dire un bac rectangulaire en bois ou en plastique, est très peu coûteux, une centaine d’euros l’unité. Mais son usage est contraignant dans le monde professionnel : il est souvent éloigné des espaces de pauses-déjeuner des collaborateurs (compte tenu de son esthétisme) et il est difficile de suivre correctement le processus de compostage.
Aujourd’hui, des composteurs beaucoup plus fonctionnels et plus « design » existent aussi sur le marché. Ils sont certes plus onéreux mais ils facilitent grandement le tri des biodéchets au quotidien et favorise l’engagement des collaborateurs. C’est ce que propose le mobilier-composteur NATYW.
2. Composteur rotatif
Le composteur rotatif est un composteur de forme cylindrique, équipé d’un tambour fermé et monté sur un axe horizontal. Les matières sont mélangées en faisant tourner le tambour à l’aide d’une manivelle.
Il est utilisé pour accélérer les premières étapes de dégradation des biodéchets, déchets verts uniquement, par mélange et aération mais il ne produit pas un compost mûr en sortie.
Il est facile à mettre en œuvre (en extérieur), les petits modèles sont peu encombrants. Il nécessite aussi le rajout d’un structurant (broyat) pour équilibrer les apports de biodéchets. Les liquides générés par la transformation de la matière doivent être gérés avec attention.
Son installation dans les entreprises est assez peu courante, car le process d’un bout à l’autre nécessite tout de même suivi et manutention.
3. Lombricompostage
Le lombricompostage permet une transformation biologique efficace à petite échelle, notamment en intérieur. Il est souvent utilisé par les particuliers vivant en appartement.
Le lombricompostage fonctionne grâce au travail des vers de terre (vers épigés) qui vont se nourrir de la matière organique dans une succession de plateaux superposés. Les biodéchets admis sont tous les déchets verts sauf agrumes et oignons (non supportés par les vers !) et aussi ni viande, ni poisson. Ils sont transformés au bout de 4 mois environ en lombricompost, une matière qui n’est pas reconnue comme du compost mûr.
Un lombricomposteur ne peut absorber qu’une faible quantité de biodéchets. La gestion des vers demande tout de même de l’attention.
L’ADEME indique que le lombricompostage est même interdit en entreprise, car il ne garantit pas l’hygiénisation exigée.
4. Bokashi
Le bokashi repose sur une fermentation anaérobie des biodéchets, donc sans oxygène contrairement au compostage. Il s’agit avant tout d’un système de conservation et de prétraitement de la matière organique grâce au rajout de ferments microbiens (levures). Le produit final reste biologiquement actif et doit impérativement être composté avant tout retour au sol. Il ne s’agit donc en aucun cas de compostage.
Il s’installe à l’intérieur et ne peut absorber qu’un faible volume de biodéchets.
5. Déshydrateur de cuisine
Bien que référencé sous l’appellation « composteur de cuisine », Les déshydrateurs de cuisine réduisent les biodéchets par broyage, chauffage et ventilation, mais ne composte pas. La matière est séchée à haute température pendant plusieurs heures, ce qui évapore l’eau et diminue le volume jusqu’à 80–90 %. Le résidu obtenu est une matière sèche qui nécessite une maturation complémentaire pour devenir un compost avant d’être d’utiliser pour nourrir les sols.
À ce jour, ces produits sont anecdotiques sur le marché européen, les fabricants étant majoritairement coréens, nord-américains et chinois. En Europe, la réglementation environnementale est plus orientée vers le compostage biologique réel que vers la simple réduction de volume.
Traitement des GROS VOLUMES de biodéchets
1. Composteur électromécanique
Ce type d’équipement accélère la dégradation par un broyage mécanique et une montée en température. Il permet de traiter de gros volumes de biodéchets de toute nature (déchets verts, viande, poison, restes de repas) et est donc réservé aux gros producteurs. Il peut aussi être utilisé par les sociétés qui collectent les biodéchets pour accélérer leur traitement.
Le produit obtenu en une quinzaine de jours est un pré-compost qui doit être laissé en maturation pendant plusieurs mois. Le procédé est plutôt énergivore et reste encombrant compte tenu des volumes de biodéchets qu’il peut traiter. Il se pose à l’extérieur. Son coût est supérieur à 10000 € et variable selon les tailles.
2. Déshydrateur et digesteur
Ces 2 termes de « déshydrateur » et de « digesteur » désignent le principe de séchage des biodéchets.
Le traitement est rapide, moins de 24 heures mais il n’y a pas de transformation biologique : la matière obtenue reste un déchet organique déshydraté. Le retour au sol est donc interdit sans une phase de maturation complémentaire de plusieurs mois. Le procédé électrique reste énergivore.
Il est réservé aux gros volumes de biodéchets, issu de la restauration collective. Certains matériels de plus petite taille peuvent venir s’intégrer dans une cuisine professionnelle. Il doit être raccordé au réseau pour l’évacuation des effluents gazeux. Son coût est supérieur à 10000 € et variable selon les tailles.
Tableau comparatif des solutions dites de « compostage »
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| Transformation biologique réelle |
Produit en sortie |
Retour au sol |
Avantages | Inconvénients | |
|---|---|---|---|---|---|
| Compostage traditionnel |
Oui | Compost mûr | ✓ |
Retour au sol du compost sur place
Engagement des équipes
Coût modeste
Solution design NATYW
|
Pour volume plutôt faible de biodéchet
Entreprise sans restauration collective
Temps longs (plusieurs mois)
Se pose à l'extérieur
Besoin de broyat
|
| Compostage rotatif |
Partielle | Matière instable | ✗ | Facile à mettre en œuvre |
Mélange des matières à des stades de transformation différents
Besoin de broyat
|
| Lombri- composteur |
Partielle | Lombricompost | ✗ | Se pose à l'intérieur |
Suivi attentif
Très petit volume
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| Bokashi | Non | Matière fermentée | ✗ | Se pose à l'intérieur |
Suivi attentif
Très petit volume
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| Déshy- drateur de cuisine |
Non | Déshydratat Résidu organique |
✗ | Design de produit électroménager |
Consommation électrique
Filtre à changer
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| Composteur électro- mécanique |
Partielle | Pré-compost | ✗ | Gros et très gros volume, restauration et industrie |
Besoin de broyat
Coût de l'investissement
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| Déshy- drateur Digesteur de site |
Non | Déshydratat Résidu organique |
✗ | Gros et très gros volume restauration et industrie |
Coût de l'investissement |



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